Les sonnailles se transmettent de génération en génération, comme l’entreprise Daban qui les fabrique, mais au-delà de ces objets ou de ses outils, ce sont les pratiques et savoir-faire qui donnent vie à ces matières inertes.

 

Une somme de savoir-faire

La fabrication et la mise à son ; le choix d’une série de sonnailles qui donne son identité au troupeau ; le choix des bêtes qui les porteront, sont autant de gestes qui font partie de la richesse et de la diversité des cultures humaines. La transmission de ces savoir faire et de ces savoir être se fait souvent dans l’instant, par immersion, in vivo. C’est une transmission entre les générations, de parents à enfants, de maître à apprenti, d’un ancien à un jeune, d’une personne souhaitant transmettre à une personne attentive. Elle peut être explicite mais elle est plus souvent implicite. La transmission n’est pas automatique surtout pour des pratiques qui ont peu été valorisées dans le passé.

Aujourd’hui, il existe des moyens de reconnaissance de ce patrimoine. L’entreprise Daban est labellisée “Entreprise du Patrimoine vivant”. Le processus de fabrication des sonnailles est inscrit à l’Inventaire français du patrimoine culturel immatériel à l’instar d’autres pratiques issues du pastoralisme, par exemple la transhumance reconnue par l’UNESCO au titre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ce patrimoine culturel vivant et humain est aussi important que la sauvegarde de bâtiments historiques.

Définition

On entend par “patrimoine culturel immatériel” les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine.”

Art.2 Convention 2003 - UNESCO

Cette notion permet de valoriser un quotidien riche d’une diversité de pratiques pouvant aujourd’hui être en danger. Vont-elles survivre ? Les fabricants de canaulas en bois sont de plus en plus rares. Une seule entreprise utilise cette technique de fabrication de sonnailles en France. Les sonnailles seront-elles remplacées par des colliers GPS ? Les bergers continueront-ils à transhumer à pied en utilisant les sonnailles de route ou préféreront-ils le camion ?

 

© CIRDOC - Institut occitan de cultura

Les pratiques qui relèvent du patrimoine culturel immatériel existent parce qu’elles font sens pour la communauté qui les utilise. Chaque génération est responsable de sa transmission, ou de sa disparition.