La mise à son d’une sonnaille est l’étape qui vient clore le processus de fabrication de la sonnaille. L’artisan va ainsi marteler la sonnaille sur une bigorne. C’est un moment crucial dans la vie d’une sonnaille car cela permet de gommer les défauts pour donner un son caractéristique ainsi que la forme finale à l’objet.

© CIRDOC - Institut occitan de cultura

Différentes tonalités résonnent sous les vibrations du métal. Les différents sons doivent s’entendre de très loin, l’artisan va alors marteler la pièce jusqu’à l’obtention d’un son d’une ample résonance acoustique. En effet, quand les bergers viennent se procurer des sonnailles, ils viennent avant tout chercher un son afin de s’adapter au mieux avec les pièces qu’ils possèdent déjà. Les sons vont être adaptés selon les choix du client mais également en fonction de l’environnement dans lequel la pièce de métal va vibrer, en montagne, par temps de brouillard, par exemple, le son doit porter.

Il existe plusieurs façons d’adapter et d’ajuster la tonalité de la sonnaille . Si l’on souhaite par exemple obtenir une résonance et une amplitude sonore importante, les coups de marteaux seront portés sur le haut de la pièce. Cependant, si le berger souhaite un son plus grave ou aigu, l’ajustement se fera sur la bouche de la sonnaille. C’est en reproduisant le mouvement du battant provoqué par la brebis en marche, avec le manche du marteau que l’ouvrier détermine si oui ou non le son est le bon. Dans ce contexte de production, les sonnailles de même calibre ou de même forme, ont un son différent de façon à ce que les commerçants ne vendent pas les mêmes produits à des éleveurs voisins pour que ces derniers ne confondent pas les troupeaux au loin.

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Les éleveurs vont adapter le son de leur troupeau en fonction de l’endroit où celui-ci va paître, afin de les retrouver plus facilement. Les sons graves des sonnailles seront utilisés en montagne tandis que les sons aigus seront plutôt utilisés en plaine ou dans les milieux boisés car les sons aigus se réverbèrent plus facilement sur la végétation.

Par exemple, par temps de brouillard le troupeau n’est pas visible et le son peut être absorbé par celui-ci, c’est pourquoi la mise à son des pièces sonores est une étape primordiale qui s’adapte à plusieurs facteurs : typologiques, esthétiques, acoustiques et environnementaux.

 

Cette page contient des extraits de la fiche d'inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel décrivant cette pratique.
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